
Figure mâconnaise bien connue, non seulement pour son célèbre fils mais aussi pour ses engagements sportifs et ses entreprises, le père de Maud, Antoine et Théo nous a ouvert chaleureusement les portes de la Brasserie de l’Hôtel de Ville pour se confier sur son parcours, sa famille et ses projets.
Alain, merci de nous accueillir à la Brasserie de l’Hôtel de Ville, votre établissement dans le centre-ville de Mâcon. Commençons par vos racines si vous êtes d’accord. Votre nom de famille, Griezmann, suggère des origines alsaciennes. Est-ce le cas ?
C’est ce qu’on dit, en effet. Mais, en réalité, je ne sais absolument pas. L’arbre généalogique, je ne le connais pas. Je n’ai d’ailleurs jamais cherché à savoir. Ce que je peux vous dire, c’est que je suis né à Mâcon et que je suis 100 % Mâconnais.
Vous avez toujours vécu dans cette ville ?
Quand j’étais jeune, j’habitais le quartier de Bioux. Ensuite, je suis parti pendant 15 ans à la Chapelle-de-Guinchay où j’étais employé communal. Je m’occupais du gymnase et du collège. Après ça, j’ai rencontré ma future épouse qui était de Mâcon. J’ai obtenu ma mutation à la maison de quartier des Gautriats où je suis resté une vingtaine d’années. Je faisais des animations, en plus du gardiennage des locaux.
Vous étiez également éducateur sportif ?
Tout à fait, j’ai entraîné toutes les catégories d’âge en football, des U9 jusqu’aux seniors. J’ai moi-même joué à Mâcon, en Division 4 à l’époque. Je suis un mordu de football depuis toujours !
Vous avez rencontré votre épouse à Mâcon ?
C’est exact, Isabelle était la sœur de mon meilleur copain ! On s’est mariés à Mâcon le 19 septembre 1987.
Vos enfants sont nés peu après ?
L’année suivante pour Maud, l’aînée, en 1988. Puis la famille s’est agrandie avec les naissances d’Antoine en 1991 et de Théo en 1996.
Avec Isabelle, vous avez repris la Brasserie de l’Hôtel de Ville (BHV) il y a tout juste un an. Quel bilan tirez-vous ?
C’est trop tôt pour le dire. On a repris l’établissement en avril mais on n’a ouvert que fin mai. Il a fallu refaire les peintures, changer la déco et remplacer le mobilier. Cette année, on a encore fermé une dizaine de jours pour des travaux, cette fois pour agrandir la véranda.
Étiez-vous un client fidèle du BHV avant d’en devenir le propriétaire ?
Pas du tout ! Ça m’arrivait de venir mais pas régulièrement.
Pourquoi reprendre cet établissement plutôt qu’un autre ?
Le BHV est situé dans un quartier vivant, à côté de l’église et de la mairie. Il n’existe aucun lieu plus favorable pour un commerce à Mâcon.
Comment vous est venue cette idée de diriger une brasserie ?
Mon épouse est du métier. Elle a travaillé aux Tuileries puis en boîte de nuit au Milord. On s’était déjà positionnés pour racheter le BHV en 2014. C’était d’ailleurs presque signé avec l’ancienne propriétaire mais, comme Antoine a été appelé en sélection pour la Coupe du monde au Brésil, on a tout arrêté pour le suivre. Ce n’était pas du tout prévu. À notre retour, l’affaire était vendue. Près de dix ans plus tard, l’opportunité s’est représentée et, cette fois, nous ne l’avons pas manquée !
« Entre l’URSSAF et les impôts, au bout d’un moment, il y a des entreprises qui n’y arrivent plus. »
Votre fille Maud a dû fermer le Matilda, le tiers-lieu culturel et festif qu’elle a créé à Mâcon, faute de rentabilité. La clientèle n’était pas au rendez-vous ?
La clientèle n’est pas en cause. Le problème, ce sont surtout les charges qui pèsent sur les entreprises. Vous le voyez à Mâcon, dans le centre-ville, les boutiques ferment. Entre l’URSSAF et les impôts, au bout d’un moment, il y a des entreprises qui n’y arrivent plus. Au Matilda, les recettes étaient correctes. Mais avec 15 ou 16 employés, les charges sociales sont énormes.
La rentabilité est-elle plus satisfaisante au BHV ?
Ça va. Au niveau du personnel, c’est plus léger. On tourne à 5 employés. Avec les extras, on atteint 8 ou 9. Ici, la clientèle est fidèle, il y a beaucoup d’habitués. C’est aussi un lieu stratégique, avec du passage.
Votre fils Théo est lui aussi entrepreneur puisqu’il a ouvert un complexe pour pratiquer le « Fast Close Combat », une discipline qu’il a créée lui-même ? Quel regard portez-vous sur son projet ?
Pour moi, c’est un très bon projet ! C’est du tir sportif en duel. Un dérivé du Airsoft. C’est intense physiquement, il faut un bon cardio ! Théo a aménagé ce complexe dans un ancien garage à Sancé. Après, comme c’est tout nouveau, il faut forcément du temps pour que ça démarre. On sait qu’au départ il y aura des frais et qu’il faudra s’accrocher. Mais moi j’y crois !
Que va devenir le lieu qui était occupé par le Matilda ?
Maud n’a pas l’intention de vendre, c’est une certitude. Avant, c’était un hangar privé qui appartenait à un animateur télé. Il s’en servait pour entreposer des tableaux et des objets anciens. Tout a été refait dans un style unique. Les investissements dans ce bâtiment ne sont pas perdus. Ça deviendra autre chose le moment venu, c’est Maud qui décidera.
Après le BHV, envisagez-vous de reprendre ou de créer d’autres commerces ?
J’ai peut-être une ou deux idées en tête mais ça, je le garde pour moi ! En tout cas, si je dois investir, ce sera uniquement à Mâcon. Pas en dehors.
Vous dirigez l’écurie Griezmann avec votre fils Antoine. Quel est votre rôle ?
Je suis le gérant, je n’ai aucune part dans l’entreprise. Tout est à Antoine, les chevaux lui appartiennent. C’est un vrai passionné, depuis de nombreuses années. Cette écurie lui fait beaucoup de bien, ça le sort du football !
Vous suivez les chevaux au quotidien ?
Je reçois tous les jours un compte rendu détaillé de la part des deux entraîneurs, Mickaël Cormy du côté de Roanne et Philippe Decouz à Chantilly. On a des bons chevaux qui font régulièrement des résultats en compétition.
Parlons football désormais. Vous êtes président de l’Union du Football Mâconnais (UFM) depuis 2020. Après deux montées consécutives, le club connaît une saison plus difficile en National 2. Comment l’expliquez-vous ?
Au niveau du recrutement, on n’a pas été bons. Pourtant, on a mis des moyens. Ce n’est pas la faute du président ou des dirigeants, c’est plutôt la responsabilité des techniciens. En cours de saison, je me suis séparé de l’entraîneur. Je l’ai remplacé par Roland Vieira qui a entraîné en National au Puy-en-Velay. Il faut lui laisser du temps, d’autant qu’on a changé 40 % de l’équipe.
« Je l’ai dit et je le redis, un club de Ligue 2 à Mâcon, c’est possible ! »
Quel sera l’objectif du club la saison prochaine ?
Ce que je peux vous répondre, c’est que si on descend en National 3, on fera tout pour remonter en National 2. Et si on reste en National 2, on fera tout pour monter en National !
Préparez-vous déjà des recrutements ?
C’est trop tôt pour en parler. Ce sera au staff technique de proposer, je n’interviens pas dans les choix sportifs. Ils feront état de leurs besoins et après on discutera avec les joueurs, notamment des salaires.
Où voyez-vous le club dans 5 ans ?
Le National, ce n’est pas utopique !
Vous ne visez pas plus haut ?
Si, bien sûr ! Ça peut être au-dessus.
C’est envisageable selon vous ?
Moi, je crois au potentiel de Mâcon. Je l’ai dit et je le redis, un club de Ligue 2 à Mâcon, c’est possible ! Ce n’est pas une utopie. Cependant, pour y parvenir, il faut fédérer, à commencer par les entreprises partenaires. Ça ne se fera pas du jour au lendemain. Il y a des bons exemples à suivre, tels que Le Puy. Ils ne sont pas en Ligue 2 mais ils ont réussi à faire un passage en National. Avec leur beau parcours en Coupe de France, ils ont fait parler d’eux. À nous de faire aussi bien pour intéresser les partenaires et le public !
Le Stade Pierre Guérin où évolue l’UFM est-il au niveau ?
Sur le plan des installations, on ne peut pas se plaindre. C’est ce que j’ai dit à Jean-Patrick Courtois, le maire de Mâcon, on a fait tellement vite pour monter de la Régionale 1 au National 2 qu’on ne peut pas exiger que les infrastructures progressent à la même vitesse. Selon moi, la mairie de Mâcon fait des efforts pour nous aider. Je ne peux pas vous donner les détails mais de très bons projets sont à l’étude.
Vous avez donc de bonnes relations avec la mairie ?
Excellentes ! On a un maire qui fait en sorte que tout se passe bien. Les services municipaux sont très efficaces pour s’occuper du terrain, on peut les remercier.
Le football féminin est en plein essor. Souhaitez-vous développer la section féminine ?
C’est compliqué car, sur Mâcon, vous avez deux clubs chez les féminines. J’ai toujours dit que la meilleure solution serait de les fusionner pour créer une équipe compétitive. Nous, on soutient cette idée mais tant que les autres dirigeants n’auront pas compris ça, personne n’avancera. Les clubs feront des montées et des descentes, mais ça n’ira pas plus loin !
« Antoine a toutes les qualités pour devenir entraîneur. »

Votre fils Antoine a joué pour l’UFM jusqu’à l’âge de 14 ans, est-il envisageable de le revoir sous le maillot mâconnais à la fin de sa carrière ?
Pourquoi pas pour un match de gala ! Sur une journée, on peut faire ça, par exemple pour récolter des fonds pour l’UNICEF ou pour une autre association.
Vous ne l’imaginez pas continuer le football avec une licence amateur ?
Après sa carrière, je le vois plutôt entraîner. Antoine a toutes les qualités pour devenir entraîneur. Il a le charisme et l’expérience. Il connaît le football sur le bout des doigts. Il a aussi le caractère pour ça. Je l’ai toujours dit et je me trompe rarement à propos de mes enfants, il peut devenir un très bon entraîneur !
Antoine avait 7 ans lorsque les Bleus ont remporté la Coupe du monde 1998. Étiez-vous à ses côtés pour suivre la fameuse finale du 12 juillet ?
Ah oui, je m’en souviens, c’était exceptionnel ! Antoine était avec moi. On a regardé la finale chez nous aux Gautriats puis on est descendus en voiture en direction du centre-ville. On a klaxonné tout le long, j’en ai d’ailleurs grillé mon klaxon ! On est allés dans un bar du centre qui n’existe plus maintenant. C’était rempli de monde, comme tout le centre-ville de Mâcon ce jour-là !
Dans un documentaire diffusé par W9, on voit Antoine enfant, le 24 juin 1998, aller à la chasse aux autographes lors d’un entraînement des Bleus à Saint-Jean-d’Ardières. Quels sont vos souvenirs de cette journée ?
En réalité, Antoine les a d’abord vus à la gare TGV de Mâcon Loché où ils ont fait une halte. Puis on est descendus à Saint-Jean-d’Ardières pour les voir encore, cette fois à l’entraînement. Il s’est faufilé à travers la foule, avec son copain Jean-Baptiste Michaud, pour les approcher. Ils ont obtenu les signatures de toute l’équipe, notamment de Zidane, Henry et Deschamps.
C’est cette rencontre qui lui a donné l’envie de devenir professionnel ?
Non, on ne peut pas dire ça. Devenir pro, ça ne se décide pas du jour au lendemain. D’abord, il faut avoir les qualités physiques puis un mental solide. Pour Antoine, ce fut un parcours compliqué. Il a dû quitter la maison à l’âge de 14 ans pour aller à la Real Sociedad, en Espagne, à plus 900 km. À l’époque, il n’y avait pas les portables pour rester en contact. Pas de visio, pas de messagerie instantanée, rien du tout.
Antoine a essuyé de nombreux refus en France car il était jugé trop petit. Est-ce que les critères ont changé de nos jours ?
Pour moi, c’est la même chose. Quand vous êtes recruteur pour un club formateur, vous voulez les meilleurs jeunes joueurs tout de suite. Les grands gabarits ont plus de chances.
C’est différent en Espagne ?
Complètement, ça l’a toujours été. On l’a vu avec Messi, avec Antoine aussi. Ils sont nombreux à avoir réussi.
La Real Sociedad, était-ce sa dernière chance d’intégrer un centre de formation ?
Le plus compliqué pour lui, c’était de remettre le couvert après chaque refus. Parce qu’il en a reçu une bonne dizaine ! Quand cette occasion avec la Real Sociedad s’est présentée, je lui ai demandé « On fait quoi ? ». Il m’a répondu « On y va ! ». C’était son choix, je ne l’aurais pas forcé.
« Vivre de sa passion, c’est déjà fantastique. »
Bien plus tard, le 5 mars 2014, Antoine honore sa première sélection avec l’équipe de France contre les Pays-Bas. Quel souvenir gardez-vous ?
Déjà, c’est une fierté. Quand vous aimez le football, que vous avez joué et entraîné comme moi, et que vous avez un enfant qui est passionné lui aussi, c’est déjà exceptionnel de le voir devenir professionnel et d’en vivre. Même en National ou en National 2 comme à l’UFM, on trouve des joueurs qui vivent du football. Vivre de sa passion, c’est déjà fantastique. Alors évidemment jouer au plus haut niveau en Liga espagnole, c’est la cerise sur le gâteau. Après, passer un palier supplémentaire, être appelé en équipe de France, gagner la Coupe du monde, c’est encore une autre dimension. Notre fierté est immense !
Le 27 juillet de la même année 2014, il signe à l’Atletico Madrid. Dix ans plus tard, il est le meilleur buteur de l’histoire du club. Quel regard portez-vous sur son parcours avec les Rouge et Blanc ?
La particularité pour Antoine à ses débuts à l’Atletico, c’est qu’il a peu joué. Pendant les six premiers mois, il était souvent le banc.
Pourtant, Antoine arrivait de la Real Sociedad avec un statut important ?
C’est vrai mais il a dû travailler dur pour gagner sa place. Ça fait partie de ses qualités. Tout le monde le dit, il court partout sur le terrain. Antoine, c’est avant tout un travailleur. Ses efforts, il les fait pour l’équipe.
Lors de son passage au Barça, il a connu plus de difficultés.
Ce n’est pas ça, au Barça on ne lui a pas donné les clés. Il avait le niveau mais on ne lui a pas laissé sa chance. Le contexte est compliqué à Barcelone, il dépendait beaucoup des autres joueurs.
Il a dû faire face à des problèmes d’ego avec les stars de l’équipe ?
Oui c’est certain, on ne lui a pas facilité la tâche. Il racontera peut-être tout ça un jour, quand il aura terminé sa carrière. Antoine, lui, n’a pas de problème d’ego. C’est un garçon qui joue pour le collectif.
En 2018, 20 ans après sa rencontre avec les Bleus de 98, il remporte à son tour la Coupe du monde en Russie. Comment avez-vous vécu le tournoi ?
J’ai assisté à tous les matchs.
Vous étiez en contact avec Antoine sur place ?
Oui, on l’a même vu à la veille du match contre l’Argentine en huitièmes de finale. On avait reçu une information de l’équipe de France qui disait que les joueurs n’étaient pas très bien. On y est allés le soir, un peu à l’improviste, avec la famille de son coéquipier Thomas Lemar. On a rigolé et passé un bon moment tous ensemble. À minuit, ils nous ont viré de l’hôtel. Et le lendemain, on gagne 4-3 !
Tout au long du tournoi, Antoine est apparu très détendu. C’était vraiment le cas ?
Antoine, c’est d’abord un compétiteur. On le croit gentil mais il a un sacré caractère. Après, c’est sûr, il est serein, c’est sa nature.
Vous avez été reçu à l’Élysée avec les Bleus quelques jours après le titre de champion du monde. Avez-vous pu échanger quelques mots avec le président de la République ?
Ah oui, avec madame aussi, c’était bien ! Ils avaient suivi les matchs. Le président, c’est un passionné de football. Il supporte l’OM, tout comme Antoine et moi.
L’Olympique Lyonnais, dans une ville plus proche, n’était pas son club de cœur ?
Il est allé à l’OL tous les mercredis après-midi pendant un an mais il a été recalé du centre de formation. Ça nous arrivait parfois d’aller voir jouer l’OL à Gerland mais son club favori, c’était l’OM.
Antoine a disputé 84 matchs d’affilée avec les Bleus entre 2017 et 2023, battant ainsi le record de Patrick Vieira qui était seulement de 44 matchs. Que vous inspire cette statistique hors norme ?
Ça, c’est dû à son hygiène de vie, il n’y a pas de mystère ! Antoine fait très attention à ce qu’il mange. Voilà. Quand vous regardez des joueurs comme Ronaldo, qui joue encore à 40 ans, et d’autres comme lui, ils le doivent avant tout à leur hygiène de vie.
« Après la première radio, les nouvelles n’étaient pas bonnes. On s’est tous inquiétés. »
Antoine a souffert d’une blessure à la cheville en mars. Dans quel état physique est-il à quelques jours de l’Euro ?
Il faut savoir qu’il souffrait d’une double entorse des ligaments. Il m’a appelé après le match aller contre l’Inter Milan en Ligue des champions. Après la première radio, les nouvelles n’étaient pas bonnes. On s’est tous inquiétés. Finalement, il a passé une deuxième radio qui a révélé cette double entorse, ça nous a rassurés. Il a mis beaucoup de glace pour jouer le match retour. Aujourd’hui, je crois que ça va mieux !
Sera-t-il en pleine possession de ses moyens à l’Euro ?
Je l’espère, pour la France !
Quels adversaires seront les plus à craindre à l’Euro selon vous ?
Parmi mes favoris, il y a d’abord l’Angleterre, une très grosse équipe. L’Allemagne aussi à domicile, en plein progrès. Il faudra également se méfier de l’Espagne et du Portugal. D’autres équipes peuvent s’intégrer. Au championnat d’Europe, la densité est très forte. C’est quasiment plus dur que la Coupe du monde !
Irez-vous en Allemagne pour suivre le tournoi ?
Je ne sais pas. On aura peut-être un écran géant sur la place Saint-Pierre grâce à la Ville de Mâcon. En tout cas, je n’irai pas à tous les matchs. Au Qatar, pour la Coupe du monde, je n’ai assisté qu’à la finale.
Est-il envisageable de voir Antoine disputer les Jeux Olympiques ?
Antoine le voudrait, il est prêt à le faire mais c’est compliqué. On verra comment ça va se passer mais ce n’est pas à moi de vous en parler. Ce que je peux vous dire en revanche, c’est que j’aurai l’honneur d’être porteur de la flamme olympique le 11 juillet prochain à Auxerre !
En 2021, Antoine a déclaré qu’il envisageait de finir sa carrière professionnelle aux États-Unis. Ce pays le fait rêver ?
Ah oui, c’est certain. Il faut dire que les « States », c’est tout de même autre chose que chez nous ! Ce n’est pas la même mentalité, il y a moins de jalousie.
C’est aussi un mordu de sports US ?
Tout à fait, le basket et le football américain en particulier.
Il paraît qu’il collectionne les cartes sur les sportifs américains ?
Oui, il a d’ailleurs créé Grizi Cards, avec son ami d’enfance André De Sousa, pour gérer sa collection.
La prochaine Coupe du monde aura lieu en 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Il ne peut pas manquer ce rendez-vous ?
S’il doit le rater, il fera comme moi, il regardera les matchs à la télévision !
« Revenir à Mâcon pour Antoine, c’est une bouffée d’oxygène. »
Antoine parle souvent de son attachement à Mâcon. Revient-il souvent dans sa ville natale ?
Il essaye le plus possible. Revenir à Mâcon pour Antoine, c’est une bouffée d’oxygène. En mai de l’année dernière, il est passé à l’improviste avec Lucas Hernandez pendant une journée de repos avec l’équipe de France. On s’est installés en terrasse. C’était chouette.
A-t-il déjà rencontré son neveu Joseph, le fils de Théo, né en mars ?
Pas encore, ça se fera sûrement bientôt !
Avec Joseph, vous êtes devenu grand-père pour la cinquième fois ?
C’est exact. Antoine a 3 enfants et pour Théo c’est le deuxième, après Carolina.
Revenons au football. Le challenge Antoine Griezmann aura-t-il lieu cette année ?
Oui, ce sera d’ailleurs la 10ème édition ! Le tournoi sera disputé les 15 et 16 juin prochains au stade Nord. Sur deux jours, on va accueillir environ 1000 gamins. Sans Antoine cette année car il sera à l’Euro.
Envisage-t-il de s’installer à Mâcon une fois sa carrière terminée ?
Je ne crois pas. Il adore Mâcon, c’est sa ville natale mais sa vie est à Madrid depuis de nombreuses années.
« Mâcon est une ville qui bouge. »
Quel regard portez-vous sur l’évolution de la ville de Mâcon, vous qui avez vécu toute votre vie ici ?
Ce qui est indéniable, c’est que la ville de Mâcon avance ! Il y a désormais un parking souterrain et puis le centre-ville est en cours de réfection. Bien sûr, ça crée des tensions parce qu’il y a des travaux mais, dans quelques mois, vous verrez que tout le monde sera content. Je ne fais pas de politique mais il faut reconnaître que depuis que Jean-Patrick Courtois est maire, Mâcon est une ville qui bouge.
Pour conclure, encore quelques mots sur Antoine. Son meilleur match en Bleu selon vous ?
Je dirais la finale France-Croatie en 2018. Pour moi, Antoine est le meilleur joueur du match, il est impliqué sur tous les buts. Et, cerise sur le gâteau, il gagne la Coupe du monde ! C’est le trophée que tous les joueurs rêvent de soulever !
Et son plus beau but ?
Celui contre l’OL en Ligue des champions en 2013. Ça a changé sa carrière, il a été médiatisé en France et, après ça, on l’a regardé d’un œil différent. Les gens se sont dit « Tiens, ce gamin, il faudra le suivre ! ».
■ Propos recueillis par Geoffroy Varlet.